C’est le projet audacieux de Bernie Goldblat, réalisateur et producteur, sauver le cinéma Guimbi de la ville de Bobo-Dioulasso au Burkina Faso,  deuxième ville du pays qui n’a plus de salle de cinéma depuis 10 ans.

Expliquez nous votre projet ? 

« Je suis basé à Bobo-Dioulasso au Burkina Faso où, avec plus d’un million d’habitants, il n’y a plus de salle de cinéma depuis 10 ans à cause de la faillite de la société de distribution, de la corruption et d’une démission de l’état.
Alors, j’ai eu l’idée de recréer un nouveau cinéma sur les ruines de l’ancien ! Si ce projet est mené à bien, il y aura 2 salles pour une contenance d’environ 500 personnes avec une salle de réunion, un restaurant, des bureaux…

Combien coute ce projet ? 

 » Au total, nous avons besoin de 2 millions d’euros. Actuellement, nous sommes à mi-parcours ce qui nous permet déjà de commencer le chantier de la petite salle.
Nous avons donc déjà réuni 1 million d’euros grâce à nos partenaires.

Il faut se rendre compte que le coût de notre projet ne vaut même pas le budget d’un long métrage moyen.  Le Ciné Guimba aura, lui, des effets sur 100 ans minimum qui modifieront le visage de la cinématographie au Burkina et dans la région ! « 

Quels sont-ils vos partenaires ? 

« Nous pouvons compter notamment sur la Belgique et la Suisse qui contribuent énormément à notre projet. Mais il y a aussi énormément de festivals comme La Quinzaine des Réalisateurs, l’Académie des Césars, la Cinémathèque Française… 

On a reçu aussi le soutien de chaines françaises comme Canal +, TV5 Monde… « 

Comment les burkinabés accueillent-t-ils ce projet ?

« Ce projet est une fierté pour la population locale pour qui la fermeture de cette salle était une injustice, cela a eu un fort impact économique sur le quartier. Notre but est de le faire revivre. Les gens sont bien sur conscients de la beauté qu’un tel projet peut avoir sur cette ville. D’ailleurs, les autorités nous accompagnent et nous soutiennent, et notamment le secrétaire général du Ministère de la culture.

Je pense que le Ciné Guimbi peut devenir l’ambassadeur du cinéma burkinabé. L’intérêt de la réouverture de cette salle est donc majeur : il y a un enjeu politique, économique et social ! » 

Le chantier du Ciné Guimbi

Le chantier de construction du Ciné Guimbi

Quand le « Ciné Guimbi » diffusera son premier film ? 

« Il y a deux possibilités : Soit dans 1 ans la petite salle ouvrira avec les bureaux; soit dans 1 an et demi tout démarrera en même temps.
Mais nous devons commence le plus vite possible pour donner une signal fort.
Cependant, il nous manque quelques partenaires lours comme des institutionnels ou des fondations pour nous accompagner.

Plus largement, comment se porte le cinéma burkinabé ? 

« Hé bien des films locaux sortent régulièrement mais ils ne peuvent pas tous être diffusés faute de salles ! Alors que le public est friand des films africains !

Si l’on met d’un côté « Mad Max » et de l’autre un film africain, 75% des spectateurs locaux iront voir le film africain ! Cela a beau être un low budget, le public préfère voir ce type de films car cela participe à toute une économie. » 

Plus d’informations sur www.cineguimbi.org .